Vivre les belles lettres à Paris

 

416

La littérature est une activité solitaire et sociale.

Certes, l’écrivain est seul pour travailler et la lecture est un dialogue silencieux entre un lecteur et des mots. Mais, depuis ses origines, la littérature est aussi un lien profond entre les hommes. Elle a commencé par être lue à haute voix. Pratique qui s’est poursuivie pendant des siècles afin de pouvoir faire découvrir des textes à un public qui ne savait pas lire. Par exemple les veillées au coin du feu. Mais ces lectures à haute voix réunissaient parfois aussi des lecteurs qui n’avaient qu’un exemplaire d’un ouvrage. Je songe ainsi à cette scène satirique croquée par un Henri Monnier dans lequel il raconte une soirée de lecture dans la loge d’une concierge…classiques-au-coin-du-feu

Outre ces séances de lecture, la littérature fait aussi l’objet de discussions depuis des siècles dans des salons où des auteurs lisent leur nouveau texte, où les hôtes discutent des dernières rumeurs, des dernières querelles ou des théories du jour.

On pourrait croire qu’aujourd’hui tout cela a disparu : chacun est plongé dans son livre voire a troqué le volume papier pour un écran et plus rien ne s’échange.

Le Guide des amateurs de littérature à Paris de Sophie Herber nous prouve en plusieurs dizaines d’idées et de bonnes adresses que la littérature, au contraire, vit et s’épanouit plus que jamais dans la capitale, hantée par tant d’écrivains dont certains en firent même une muse, par exemple Balzac, Hugo ou Aragon…

guide-des-amateurs-d-5228594968bcfOn découvre ainsi dans ce guide que la littérature se décline de mille et une façons, depuis les classiques salons et les cafés littéraires dans lesquels un auteur discute avec des lecteurs et les lectures théâtralisées jusqu’à des « expérimentations littéraires » ludiques. L’auteur évoque bal littéraire où danses et lectures alternent ou de vrais matches de boxe où les coups se donnent avec des mots choisis.  Institution comme la SGL, la Maison de la poésie, les musées, bibliothèques municipales et instituts culturels étrangers sont aussi bien cités que les librairies indépendantes et petits lieux secrets comme le club des poètes et des appartements de particulier.

Enfin, on peut également participer à des cercles de lecture à l’heure du thé ou du dîner pour faire part de ses derniers coups de cœur, s’inscrire à des ateliers d’écriture ou assister à des soirées slam ouvertes. Et pour ceux qui veulent marier marche et lettres, l’auteur nous livre aussi quelques jolies idées de balades sur les traces des héros ou des écrivains.girls-club1

Sophie Herber s’est ainsi promenée dans tous les arrondissements de Paris pour nous signaler autant de bonnes initiatives destinées à faire vivre la littérature, souvent gratuites ou pour un prix modique (à commencer par ce livre). Et pour ceux qui préfèrent rester chez eux, l’auteur propose une sélection de sites Internet permettant de participer à des salons virtuels ou de faire partager sa bibliothèque.

A une époque où, non sans raison, l’édition et la librairie connaissent de graves crises financières et identitaires, ce guide prouve que le goût pour la littérature reste vivace en s’exprimant sous des formes adaptées à nos modes de vie.

Guide des amateurs de littérature à Paris, de Sophie Herber, éditions Parigramme, 101 pages, 6 euros

Publicités
Cet article, publié dans Actualités, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s